samedi 16 mai 2009

Prediction


J'en parle assez fréquemment, mais le pouvoir de "prévision" des foules (ou des parieurs) est souvent assez impressionnant. En tout cas bien davantage que les avis des supposés experts. Quelque part, ça s'apparente à la méthode statistique du "boosting": créer un estimateur fiable à partir de nombreux estimateurs peu fiables. Naturellement, ce n'est pas infaillible, notamment en ce qui concerne la prévision d'évènements où le hasard joue un rôle important (au hasard, un match de football). Mais si on prend le concours Eurovision de la chanson qui aura lieu dans quelques heures, où l'on connaît les chansons en compétition depuis des mois, où l'on connaît la propension de certains pays à voter pour leurs voisins/amis, où l'ordre de passage joue un rôle important, on peut s'attendre à des résultats très fiables. Les parieux avaient déjà prévu 19 qualifiés sur 20 pour la finale de ce soir. Et si on leur faisait confiance, la victoire de la Norvège ne ferait aucun doute, avec derrière, la Turquie ou la Grèce, l'Azerbaidjan... La France et Patricia Kaas termineraient vers la 9ème place.

Ceci étant dit, pour corser un peu l'affaire et rendre de l'intérêt à ce qui s'est apparenté depuis quelques temps à une grande mascarade, on assiste cette année au retour de jurys de professionnels en complément du vote des téléspectateurs. Pour la qualité des chansons par contre, on repassera.

dimanche 10 mai 2009

200!

Histoire de fêter le 200ème message de ce blog avec humour, voici le discours qu'Obama vient de prononcer au fameux "Dîner des correspondants" (il n'y a pas qu'en France où ça copine entre politiciens et journalistes, pourront dire certains). C'est souvent drôle et parfois assez osé:

http://www.huffingtonpost.com/2009/05/09/full-video-obamas-white-h_n_201264.html

samedi 2 mai 2009

Le syndrome Pierre et le Loup

Je reviens quelques instants sur l'épidémie de grippe A (H1N1). L'OMS, dans sa mission de prévention, notamment face à un virus peu connu, est dans son rôle, même s'il faut préciser que les niveaux d'alerte correspondent à l'extension d'un virus et non à sa gravité. Les responsables politiques aussi, même si j'aimerais parfois des paroles plus apaisantes (pas comme les déclarations lamentables de Joe Biden mettant en garde tout le monde contre le fait de prendre l'avion quelle que soit la destination). Les médias, c'est déjà nettement moins bien, mais leur sensationnalisme, on connaît déjà. Exemple de manipulation: le Figaro qui montre une photo d'une personne portant un masque dans les rues de New York, et d'après les gens que je connais qui y vivent, et connaissant également la situation dans les rues des grandes villes de Californie, ça sent la manipulation. Ici, aux Etats-Unis, cette grippe est très loin de faire la Une tous les jours depuis une semaine...

Le problème, c'est que les gens ont tendance à confondre un danger potentiel, hypothétique, et un danger réel. Et si le virus ne mute pas, s'il progresse à un rythme "raisonnable" dans les semaines qui viennent, et qu'on se rend compte que finalement, il ne tue pas plus -en dehors du Mexique- qu'une grippe saisonnière (ce que disent déjà certains responsables de l'OMS ou chercheurs en épidémiologie), je crains que les gens ne se disent: "tout ça pour ça". Et si une grippe plus redoutable arrive dans quelques années, comme par exemple un virus H5N1 (grippe aviaire) qui aurait muté et pourrait se transmettre d'homme à homme, en tuant toujours autant (plus de 50%), j'espère que l'OMS, les responsables politiques et les médias seront toujours pris au sérieux.

vendredi 1 mai 2009

When amazing happens


Voici un cliché classique: on oppose les Américains, pays neuf, où les gens sont optimistes à la vieille Europe, fière de son passé, mais également un peu (trop?) nostalgique.

En voici une petite illustration sportive. Le "soccer" sport le plus populaire en Europe, connaît certaines difficultés en ce moment: domination du foot-business anglais, désaffection de certains fans, regret du "beau jeu" de l'époque Cruyff ou Platini (encore que là, les gens exagèrent vraiment, je les incite à regarder n'importe quel match d'il y a 20 ou 30 ans sur ESPN Classic pour constater la lenteur extrême du rythme de jeu). Aux Etats-Unis, on "écrit l'histoire" en permanence. Peut-être vit-on une époque dorée, mais cette année, on a eu le droit au plus beau Superbowl de l'histoire, et en ce moment se déroule ce qui restera peut-être comme l'une des plus extraordinaires séries de play-off de NBA entre les Celtics de Boston et les Chicago Bulls. Il y a quelques minutes se terminait un match invraisemblable, le sixième de la série, le quatrième à finir sur une prolongation (une triple!), avec tout ce qu'il faut, des retournements de situation, des paniers improbables, des contres et interceptions de dernière seconde... bref, je veux bien que le sport US soit devenu (ou même ait toujours été) un spectacle destiné à enrichir certains, mais quand même, il faut être sacrément de mauvaise foi pour ne pas s'enflammer un peu de temps à autre.

jeudi 30 avril 2009

Brèves


Quelques brèves:

A) Arlen Specter, sénateur républicain vétéran de Pennsylvanie, décide de passer chez les Démocrates. Ses anciens amis lui reprochent de n'avoir été toute sa carrière qu'un RINO (republican in name only) et de vouloir ainsi éviter une primaire républicaine quasi perdue d'avance l'an prochain. Les démocrates savourent leur victoire, tout en calmant un peu leurs supporters qui voient avec cette arrivée le Parti de l'Âne atteindre le seuil fatidique de 60 Sénateurs, ce qui leur permettrait en théorie une plus grande marge de manoeuvre lors du vote des lois. En effet, on se doit de rappeler, qu'aux Etats-Unis, il est extrêmement rare que les partis votent à l'unisson, d'une part car les deux grands partis recouvrent chacun un spectre très large sur l'échiquier politique, mais également parce que les Sénateurs sont bien plus inquiets du verdict de leurs électeurs tous les 2 ou 6 ans que de l'opinion de l'exécutif à leur égard.

B)J'aime beaucoup quand un journaliste d'un grand quotidien parisien lance des accusations assez graves contre une grande banque Française, que ces accusations sont démentis rapidement, que les marchés ignorent quasiment cet article et que l'histoire est presque oubliée trois jours après. Ceci étant dit, le contenu de l'article était plus intéressant que les titres ridicules (du genre "10 milliards de perte: une nouvelle affaire Kerviel?" alors qu'il s'agit pour l'instant de dépréciations et que faire un lien entre la fraude Kerviel et les déboires éventuels de la SGAM est un peu tiré par les cheveux). S'agissait-il d'une manoeuvre de déstabilisation? D'un coup de pub? Ou ce journaliste a-t-il vraiment vu avant tout le monde un scandale qui éclatera dans les prochains mois? Faites vos jeux...

C)En ces temps de panique mondiale, de pandémie niveau 5, d'état d'urgence, d'alerte rouge, bref, disons-le tout de suite pour évacuer la pression, de quasi fin du monde, je reçois de nombreux appels de personnes inquiètes par la situation en Californie actuellement, et je tiens à être quelque peu rassurant en rappelant tout de même qu'il n'y a pas plus de cas dans l'ouest des Etats-Unis qu'en Europe occidentale, et que les gens ne restent pas (encore) calfeutrés chez eux (mais le devraient-ils?). Je rappelle aussi que jusqu'à présent, le virus de la grippe nord-américaine (plus politiquement correct que la grippe porcine paraît-il) est sensible au Tamiflu et au Relenza, et qu'en dehors du Mexique, il n'y a pas eu de décès enregistré parmi des personnes "non-sensibles" (enfants en bas âge et personnes âgées) qui se sont soignées. Il y en aura vraisemblablement à l'avenir, mais on espère une grande vigilance médicale dans tous les pays. Evidemment, le taux de mortalité, de l'ordre de 0.5 à 5% apparemment (mais à prendre avec des pincettes), est préoccupant, surtout en cas de pandémie, mais ce n'est pas Ebola et ses 89% de victimes. Surtout, outre la mortalité, dure à estimer, la morbidité est également un facteur important.

Bref, loin de moi l'idée de minimiser ce qui sera peut-être la plus importante pandémie de ce début de siècle, mais on peut être prudent (limiter les grands rassemblements de foule, porter un masque dans les transports en commun, éviter de faire un petit break à Cancun) sans sombrer dans la panique. Pour ceux qui y résistent, c'est le moment de relire et revoir ses classiques, la Peste de Camus, ou pour ceux que la littérature rebute, dans un autre genre, 28 days later, I am Legend, 12 monkeys et Outbreak. Tout de même, j'en veux un peu aux médias, que ce soit ici ou en France, lorsqu'ils affichent sur une carte l'évolution des cas suspectés et mettent en rouge clignotant l'immense Canada et ses 10000000 de kilomètres carrés dès qu'on y a suspecté... 6 cas; ou lorsqu'ils oublient de préciser que lorsque Schwarzenegger déclare en prévention l'état d'urgence en Californie, les responsables de la Santé publique aux Etats-Unis ajoutent que les symptômes de cette grippe ne sont pas vraiment très différents d'une grippe traditionnelle (qui tue d'ailleurs, je le rappelle, 500000 personnes dans le monde chaque année).

PS: et pour détendre un peu l'atmosphère, n'oubliez pas que la grippe porcine n'est peut-être pas la chose la plus dangereuse venant du Mexique: http://www.nbc.com/Saturday_Night_Live/video/clips/taco-town/229053/

vendredi 24 avril 2009

Coach class


Prendre l'avion "à l'américaine", c'est quand même assez sympathique: on imprime sa carte d'embarquement 24 heures avant le vol, on emporte juste un bagage à main (qui peut tout de même peser 18 kilos et avoir des dimensions convenables), du moment qu'il n'y a pas d'objet tranchant ou de liquide dedans, on arrive à l'aéroport trois quarts d'heure avant le vol histoire d'avoir un peu de marge (évidemment, gare à la circulation à JFK par exemple), on passe les contrôles de sécurité rapidement (je n'y ai jamais passé plus de dix minutes, les gens ont l'habitude), et voilà!

A bord, Delta airlines a trouvé un nouveau moyen de gagner de l'argent (car il faut rappeler que les marges des compagnies aériennes sur les vols intérieurs sont très faibles, ce qui les poussent à tout rendre payant: en général la nourriture, les écouteurs, les bagages en soute etc): il y a désormais des écrans individuels (très bien!) sur les vols intérieurs, avec films payants (à 6€! aïe...), WI-FI (également payant, une douzaine de dollars, re-aïe, mais bravo pour l'avancée technologique), et télévision gratuite en direct, ce qui est extrêmement sympathique quand on a peur de louper le match de l'année. Evidemment, comme tout le monde voyage de la sorte, il n'y a jamais assez de place pour les valises de tout le monde en cabine, et comme les aéroports sont surchargés, il faut être prêt à attendre souvent une bonne heure au roulage.

Ce qui m'amène à un autre sujet. On parle ici beaucoup de grands travaux d'infrastructure, avec la crise, et la question d'un train à grande vitesse revient souvent. Il ne s'est jamais développé aux Etats-Unis à cause des grandes distances et de la "culture de l'avion", même dans les petites villes, mais certains pensent qu'il serait bon de le construire, en Californie, Floride ou sur la côte est notamment. Mais j'ai quelques doutes concernant la réussite de ce projet, en Californie notamment:
  • Ici, jusqu'à présent, quand on parlait de grande vitesse, c'était souvent 150 à 200 km/h (c'est en train de changer). Et évidemment, c'est beaucoup moins intéressant en dessous de 250 ou 300 km/h. Le problème étant que les entreprises Américaines capables de réaliser un tel train sont très peu nombreuses, et que recourir au service d'une entreprise française, allemande ou japonaise serait assez mal vu.
  • D'un point de vue économique, on a coutume de dire en France que le train "bat" l'avion pour les distance inférieur à 3 heures/ 800km (de Paris, ce n'est pas un hasard si seuls Nice et Toulouse sont les destinations intérieures qui marchent encore correctement). Mais ici, cette distance serait peut-être raccourcie. Prenons le trajet San Francisco-Los Angeles. L'avantage des gares européennes est qu'elles se situent en général en centre ville. Mais ici, la construction de nouvelles voies obligera peut-être à construire également de nouvelles gares, peut-être en périphérie. De plus, l'aéroport de San Francisco n'est situé qu'à une dizaine de minutes en voiture de la ville; l'aéroport de Los Angeles est situé au plein coeur de LA, et par ailleurs, le centre ville, à LA, ça n'existe pas.
  • De plus, 15 minutes de voiture, trois quarts d'heure à l'aéroport, à peine une heure d'avion, et à nouveau quelques dizaines de minutes de voiture, ça reste mieux, quoi qu'il arrive, en terme de durée, que trois heures de train.
  • Enfin, des investissement structurels aussi lourds (40 milliards de dollars, ce n'est pas rien) ne pourraient être rentabilisés qu'avec des tarifs assez élevés qui auraient du mal à concurrencer l'avion (100$, c'est pas énorme pour un SFO-LAX).
  • Bon, il ya tout de même l'argument écolo, qui pourrait faire mouche en Californie, mais j'attends de voir.
Bref, critiquer les Etats-Unis pour leur manque d'investissement dans des lignes de train à grande vitesse est assez facile depuis la France, mais il faut bien tenter de comprendre les spécificités des problèmes de transport ici. Ceci étant dit, la situation serait sans doute plus favorables sur la côte est, dans la région des grands lacs ou en Floride.

mercredi 8 avril 2009

L'argent des Français


Je viens d'achever la lecture de ce livre assez instructif, qui balaye un spectre assez large de sujets économiques, à la chasses des idées reçues. Bien sûr, il faut différencier le remarquable travail de collecte et d'analyse de données à propos du revenu ou du patrimoine des Français depuis deux siècles et les opinions de l'auteur sur des mesures à prendre, que l'on est en droit de partager ou non. Voici quelques-unes des idées évoquées par Jacques Marseille:
  • Le revenu moyen des Français s'est considérablement accru depuis deux cents ans (en monnaie constante), et ce malgré une première moitié du vingtième siècle assez catastrophique. Mais depuis cinquante ans, malgré une progression annuelle en apparence faible (1.6%), ce revenu progresse toujours, notamment pour les plus pauvres, mais les classes moyennes peuvent se sentir un peu lésées.
  • Le patrimoine des Français était considérable au début du siècle, a ensuite dramatiquement chuté, avant d'augmenter considérablement depuis trente ans, grâce à la flambée de la Bourse et à des mesures libérales le plus souvent prises par les Socialistes (!).
  • Les inégalités se sont assez largement réduites, il n'y a qu'à examiner les rapports interdéciles au fil des ans, ou l'indice de Gini, pour constater que la France est l'un des pays les moins inégalitaires dans le monde. Mais les injustices peuvent par contre croître, comme en ce qui concerne les différences entre régimes de retraite. Et on peut se demander si une société plus dynamique, plus mobile (socialement parlant) mais un peu plus inégalitaire n'est parfois pas préférable à la morosité collective actuelle.
  • Jacques Marseille aborde ensuite la question de l'inflation, en constatant que le pouvoir d'achat ne se réduit qu'en de très rares occasions en France depuis des années, même si la perception peut être différente, avec la hausse sensible des prix de biens de consommation courante qui ne représentent finalement qu'une faible partie des dépenses du ménage moyen, ou avec la hausse des dépenses ressenties comme des contraintes, qui n'existaient pas il y a quelques années (abonnements des portables, internet, etc). Plus original, l'auteur attaque le dogme selon lequel l'inflation est une mauvaise chose, en évoquant des périodes ou des pays ou souvent, une forte croissance rime avec une inflation non négligeable.
  • En ce qui concerne les impôts, Jacques Marseille s'en prend à notre fiscalité lourde et complexe, et prône l'instauration d'une "flat tax" identique pour tous, qui est bien plus égalitaire qu'elle ne paraît, si elle est couplée avec la disparition des niches fiscales, surexploitées par les riches (qui ne sont d'ailleurs pas épargnés dans le livre, notamment les grands patrons). Autres idées: la suppression de l'ISF et la création d'une TVA sociale, en s'inspirant d'autres pays européens dont on nous vante pourtant souvent le modèle social et éducatif(Danemark ...). Idée amusante: on devrait payer aux salariés l'intégralité de leur salaire plus les prestations sociales (retraite, santé) qu'ils devraient ensuite eux-mêmes régler, afin de faire prendre conscience du poids des charges.
  • Enfin, dans un dernier châpitre un brin utopique, l'auteur tente de montrer que l'on pourrait remplacer la totalité des prestations sociales (chômage, retraite, allocations, bref, tout), par une allocation de 750€ pour tous les Français perçue tout au long de la vie... en leur faisant confiance pour l'utilisation de cette somme.
Bref, pas mal de chiffres surprenants, des idées intéressantes, d'autres controversées, mais un livre que je recommande à lire, avec un peu d'esprit critique bien sûr.

PS: petit aparté en ce qui concerne la rémunération des patrons et tous les excès que l'on a connus récemment. On peut lire à ce propos le (vieil) article de Sherwin Rosen, "Economics of Superstars", où il justifie le fait que certaines "stars" soient payées de manière démesurée parce qu'elles sont difficilement remplaçables, et qu'elles génèrent bien plus d'argent qu'elles n'en gagnent elles-mêmes. Ceci vaut pour les stars de la chanson, les sportifs de haut niveau etc... Je pense que cela peut également s'appliquer à certains grands patrons, Ghosn à l'époque de Nissan, Lindsay Owen-Jones à l'Oreal... mais ce n'est clairement pas le cas de tous aujourd'hui (et j'aimerais d'ailleurs qu'on ne fasse pas d'amalgame entre ces quelques dizaines d'excès, certes totalement indécents, et les deux millions de petits patrons français qui touchent pour la plupart deux ou trois mille euros par mois).

Le problème est que les grands patrons, même ceux dont l'entreprise n'est pas performante, voient leur salaire augmenter, et même parfois dépasser ceux des patrons performants. Scandaleux, sûrement, mais ce n'est pas un phénomène économique unique. En effet, il n'y a qu'à voir les niveaux élevés de salaires pratiqués pour des joueurs football qui ne sont même pas titulaires dans leur club en Europe (salaires qui leur sont garantis même en cas de contre-performances durables!), ou pire encore, en NBA (et des exemples de joueurs médiocres gagnant des millions de dollars par an sont légions, Juwan Howard par exemple...).

Bref, je n'excuse pas les dérives de ces derniers temps, mais il faut éviter de trouver des boucs émissaires à tout prix en gardant des oeillères vis à vis d'autres domaines tout aussi scandaleux. Surtout que beaucoup de ces grands patrons n'ont pas forcément plus de responsabilités dans la crise que d'autres personnes (si on parlait des agences de notation, des brokers immobiliers américains ou des équipes d'investissement en dérivés de crédit de certaines institutions financières, ce serait différent...)